20 septembre 2016
Quand la littérature adoucit la peine
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La défense des prévenus et accusés a trop souvent tendance à s’arrêter au prononcé de la condamnation. Mais les avocats sont de plus en plus nombreux à intervenir devant le juge d’application des peines, en partenariat avec le SPIP (service pénitentiaire d’insertion et de probation) pour élaborer des demandes d’aménagement et de réduction de peine en aidant les détenus à se réinsérer.
L’association Lire pour s’en sortir, créée par un avocat s’est donnée pour but d’accompagner les détenus qui le souhaitent dans la lecture de livres et la rédaction de fiches de lecture qui seront ensuite transmises au SPIP.
Si la lecture de livres ne permet certes pas d’obtenir une réduction automatique de peine, le sérieux avec lequel est suivi l’activité encourage le juge d’application dans ce sens, comme en dispose l’article 721-1 du Code de procédure pénale : « Une réduction supplémentaire de la peine peut être accordée aux condamnés qui manifestent des efforts sérieux de réadaptation sociale, notamment en passant avec succès un examen scolaire, universitaire ou professionnel traduisant l’acquisition de connaissances nouvelles, en justifiant de progrès réels dans le cadre d’un enseignement ou d’une formation, en s’investissant dans l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul, ou en participant à des activités culturelles, et notamment de lecture […] »
Trop souvent, l’avocat dans sa plaidoirie se contente de demander un TIG (travaux d’intérêt général), ou un contrôle judiciaire sans aller au delà et proposer une alternative crédible qui permette au juge de ne pas envisager simplement une incarcération.
Autant que la procédure pénale, l’avocat pénaliste doit aujourd’hui connaître le travail de ces diverses associations qui imaginent quels peuvent être les meilleures peines, ainsi que les programmes de réinsertion adaptés pour chaque condamné.